Vous trouverez ci-dessous l'intégralité de l'interview que j'ai
accordé au journal Miroirs n°68 d'octobre 2009 :
Quelle forme prend l’action de la ville en matière d’emploi :
La ville est partie prenante dans plusieurs organismes pour accompagner les habitants dans leurs démarches ; la maison du développement, qui est un service municipal, apporte un soutien direct aux demandeurs d’emploi ; selon nécessité elle oriente en fonction de la situation personnelle vers la structure la plus appropriée : par exemple pour les jeunes de moins de 26 ans vers la mission locale, située à Oullins et dont je suis Vice-Président.
Notre ville accueille aussi Graine de Sol qui permet à de futurs entrepreneurs de tester leur projet
d’entreprise ; la journée portes ouvertes du 25 septembre fut d'ailleurs un succès.
Nous menons ce travail de fonds tout au long de l’année, en l’accompagnant de temps forts comme la rencontre emploi, « jobs et cités » ou encore les ateliers emploi à l’H2VJ.
Pourquoi se substituer au Pôle Emploi ?
Il ne s’agit pas de se substituer au Pôle Emploi mais d’apporter
une aide complémentaire à nos concitoyens. Par ailleurs, il me semble que le Pôle Emploi a déjà fort à faire avec une réorganisation imposée par une logique budgétaire dont la
motivation rampante est le glissement vers le privé du service public. Comme la plupart des conseillers, soucieux de mener à bien leur mission, mais qui n’en ont plus vraiment les moyens, nous
réfutons le terme de « client » pour les demandeurs d’emploi. Nombre d’usagers se plaignent des conditions d’accueil, du manque de disponibilité de leur conseiller, et au final de la
dégradation du suivi. On ne peut pas culpabiliser les demandeurs d’emploi à longueur de temps.
Nos équipements, par leur proximité, permettent de combiner les énergies au service des Pierre-Bénitains. Nous avons la volonté de mobiliser toutes les énergies au service de l’emploi.
Qu’avez-vous pensé de la mise en place du RSA ?
Pour essayer de faire simple, le RSA comprend deux sous-ensembles :
- d’une part, il remplace le RMI, qui avait été mis en place par le Gouvernement de Michel Roccard en 1988 ; rien ne change en apparence, mais il faudrait plus de temps pour vous exposer les mécanismes qui risquent de provoquer une dégradation du service rendu aux bénéficiaires.
- d’autre part, derrière l’intention louable en apparence de redonner du pouvoir d’achat aux plus fragiles, il consacre le statut de travailleur pauvre ; au lieu d’inciter les employeurs à proposer des postes sûrs et dont la rémunération permet de vivre décemment, le gouvernement cautionne le recours à l’emploi précaire en versant une allocation comme un complément de salaire.
Les dispositifs d’insertion n’ont de sens que s’ils permettent effectivement aux bénéficiaires de retrouver une situation stable avec une rémunération leur permettant de vivre ; il est à craindre que le RSA, malheureusement, génère des déceptions et plus grave, ne permette pas au final aux plus fragiles de sortir de la précarité mais au contraire les y enferment.
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